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L'équanimité

 

Avec cette deuxième clé d’émancipation des programmes de prédation / exploitation, nous parvenons à sortir de la réponse réflexe, conditionnée.

 

L’équanimité, qui signifie « égalité d’âme », est une capacité de neutralité émotionnelle. Non pas à ne point ressentir, mais à savoir se tenir au cœur de la tempête comme dans l’œil du cyclone, dans la perception de tout ce qui bouge mais sans être dévasté par cela.

 

Avec l’équanimité, point d’autruche la tête dans le sable : nous sommes dans l’ambiance, dans le réel du contexte, mais nous avons la capacité de ne pas nous laisser perturber.

 

Deux exemples pour illustrer l’équanimité.

 

Tout d’abord une stimulation qui vient de l’extérieur. Une provocation, une demande, une séduction, qu’importe sa nature… Quelqu’un qui est seulement réceptif ou réactif ou suiviste va répondre à la stimulation telle qu’elle lui a été posée et ainsi faire le jeu de la personne (ou de la situation) qui a impulsé la stimulation. Dans la chaîne de causes et conséquences, celui qui répond est alors juste un maillon de la chaîne des conséquences. Avec l’équanimité, j’aime l’image du roseau qui plie mais ne rompt pas. On reçoit la stimulation, elle nous impacte, mais avant de répondre on revient au centre, à « l’espace causal » en soi. On n’est plus l’objet de l’extérieur, la conséquence d’une cause externe. On ne se sent pas forcé de répondre à la stimulation comme elle le suggérait : on a la possibilité de différer la réponse, de répondre ou pas, de répondre positivement ou négativement, et aussi de proposer une réponse alternative. En posant le centre causal, l’équanimité installe la puissance et ouvre à la réponse créative : on devient source et force d’invention, de propositions alternatives. Et si l’on dit « oui » à la stimulation, c’est après validation véritable, pas par réponse réflexe conditionnée, automatique.

 

L’équanimité réduit la « perturbabilité », le dérangement. Elle est une tenue interne, un centre fort et habité.

 

Le deuxième exemple a trait à l’ambiance. Quelqu’un de sensible va être facilement affecté par les situations, et se retrouver dérangé par l’ambiance qu’il traverse. Épuisé après avoir écouté trop longtemps un autre se plaindre auprès de son oreille empathique ; en PLS après avoir fait ses courses au supermarché ; déprimé après s’être forcé à aller assister à une soirée mondaine… Avec l’équanimité, la tenue centrale fait qu’on ne descend plus avec une ambiance, voire qu’on l’élève par notre simple Présence.

 

Il y a une distance juste qui se crée, qui n’est pas une frontière étanche, mais qui est la décision de ne pas servir d’éponge ou de paillasson ou de punching-ball. Pour résumer, de ne pas être un objet au service des desiderata d’autrui.

 

L’équanimité aide à relativiser les situations, sans devenir insensible. Elle remet l’église au centre du village et permet de réguler les interactions sans se faire attraper par toutes les sollicitations.

 

Elle soutient particulièrement les personnes qui se sentent souvent victimes : des autres, du monde, du système… Le sentiment d’être victime reflète une carence de centre (sans parler ici des bénéfices secondaires du statut de victime, que j’ai déjà longuement évoqué dans d’autres textes). Tenir un centre neutre permet à la personnalité réactive de se poser, de se donner l’espace et le temps et de ne pas se sentir forcée de répondre comme la tentation réactive urgente tendrait à le faire croire, parfois bien au-delà des demandes réelles externes…

 

 

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