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L’émancipation des jeux de prédation

Dernière mise à jour : il y a 6 jours


 

Le troisième plateau d’élixirs intervient pour aider les êtres humains à sortir des programmes qui les influencent et les forcent à vivre des interactions et relations abusives.

 

Deux dynamiques profondes, inconscientes, sous-tendent la « matrice de prédation ordinaire » : la dynamique d’exploitation de l’énergie d’autrui, et la peur d’être rejeté.

 

Encore en amont et encore plus inconscient, on trouve une illusion paradoxale qui voile la réalité : la croyance angoissante d’être seul.

 

LA PRÉDATION ORDINAIRE

 

J’appelle la « prédation ordinaire » l’ensemble des interactions et relations où l’être humain s’estime légitime à utiliser autrui pour se nourrir, s’enrichir, se satisfaire, se défouler, sans considération suffisante de l’existence d’autrui comme semblable.

 

La prédation est l’autorisation qu’on se donne à se servir de l’autre, à l’exploiter, à l’utiliser, pour son profit particulier.

 

Je l’appelle « ordinaire » car elle est constitutive du paradigme social actuel, et considérée comme normale par la plupart des personnes.

 

Elle est programmée dans tout un ensemble de jeux comportementaux, dans une palette variée de la violence la plus brutale à la manipulation la plus sournoise.

 

Typiquement, le bien-connu triangle victime-bourreau-sauveur : un jeu de rôles dans lequel tous les acteurs entretiennent la prédation. En général le narratif est un dialogue entre victime et sauveur qui vont désigner un bourreau, qui va donc devenir victime de leur malveillance et chercher à s’en sauver en exprimant un contre-récit et en cherchant à occuper un rôle plus gratifiant… La métaphore du berger, du mouton et du loup montre le côté pervers du sauveur dans cette triangulation. Le loup est désigné comme le méchant, mais c’est le berger qui tond, tue, mange et vend le mouton…

 

Le statut de victime, quant à lui, va trouver son bénéfice dans toute l’attention et l’assistance qu’il va légitimer dans le récit de son drame, et exprimer dans sa plainte…

 

UNE MATRICE « PAR DÉFAUT »

 

Avec des degrés de violence et d’emprise différents, elle est la même dynamique, et doit être vue, conscientisée, pour pouvoir s’en émanciper et ouvrir de nouvelles possibilités relationnelles.

 

Tant qu’il manque la force de positionnement et la conscience des échanges d’énergie et d’informations qui se déploient dans les interactions, la plupart des personnes vivent leurs relations dans le conformisme, sans même se rendre compte qu’ils se mangent les uns les autres et se servent les uns des autres, non par choix, mais par automatisme, par habitude, par conditionnement à jouer les stéréotypes.

 

Une matrice « par défaut », ou un programme par défaut, signifie que tant qu’il n’y a pas de Présence, Conscience, Puissance posée, l’être humain interprète un scénario qu’il n’a pas écrit, dont le déroulé est une boucle qui va se rejouer perpétuellement.

 

C’est le principe d’un paradigme systémique, ou matrice de conditionnement.

 

TOUS PRÉDATEURS ET TOUS PROIES, POURQUOI ?

 

Comme je l’évoquais au début de cet article, la motivation cachée qui incite les personnes à s’enrôler malgré elles dans ce type de jeux, c’est la peur de manquer.

 

Tout d’abord la peur de ne pas être autonome énergétiquement. Si je vole l’énergie d’autrui, si j’en abuse, c’est que je crois en manquer, ne pas avoir assez de ressources en moi pour subvenir à mes besoins.

 

Ensuite, la peur d’être rejeté si je n’accède pas aux demandes même abusives d’autrui, et donc d’être banni et que le groupe social ne m’aide plus à subvenir à mes besoins.

 

Dans la phylogénétique humaine, la mise au ban représente le pire drame.

 

Ce sont des stratégies de survie, et pas de pleine vie.

 

Il y a également un manque de conscience et d’éthique dans le fait de se sentir fondé à asservir autrui, la nature, et une folie d’hubris, de recherche de dominer la vie…

 

C’est un programme qui appuie sur la prééminence de l’intérêt personnel, particulier, et qui a pour conséquence que ses acteurs se croient autorisés à exploiter « ce qui n’est pas eux » pour leur profit.

 

Cela se fait consciemment, cyniquement, ou inconsciemment.

 

Cette dynamique d’exploitation, de prédation, est au cœur du chaos dans lequel nous sommes en train d’entrer en tant qu’humanité. Nous voyons aujourd’hui les pires caricatures de prédateurs décomplexés, désinhibés, sans foi ni loi, sans vergogne, prêts à tous les coups bas, à toutes les calomnies, à tous les pillages, à toutes les destructions, pour démontrer leur pouvoir.

 

Ici ce n’est même plus seulement la logique de survie, mais aussi la logique de mort, de suicide, qui déshumanise et précipite l’expérience humaine dans une régression à l’issue risquée.

 

Nous avons toutes et tous, à notre échelle, à refuser de continuer à jouer aux jeux de prédation, d’exploitation, de manipulation et de violence contre autrui. C’est à cet endroit-là, précisément, que se fera la bascule de conscience humaine.

 

Car ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Tant que nous entretenons ce type de dynamique, nous sommes complices et donnons notre accord à ce que cela se perpétue.

 

LE RESPECT

 

La première clé d’émancipation des programmes de prédation/exploitation, c’est le respect.

 

La fréquence du respect pose une limite et une exigence claires, à tous niveaux.

 

Respect de soi / dignité : se respecter soi-même dans le réel de ce qu’on est humainement, en connaissant ses besoins, ses fragilités, ses nécessités, ses possibilités, et en ne se faisant pas violence tout en appréciant l’effort (ce qui renforce).

 

Respect de Soi : que la personnalité reconnaisse l’Être interne transcendant et s’aligne sur sa conscience la plus élevée afin de ne pas se dégrader ni s’avilir, ni se justifier par des mensonges à elle-même.

 

Respect de l’autre, dans la reconnaissance de ses caractéristiques personnelles et de son altérité foncière, ainsi que de l’Essence commune qui nous anime conjointement.

 

Respect des contrats dans lesquels on est engagé, avec possibilité de les réactualiser régulièrement, afin de soutenir la fiabilité, la cohérence, la valeur de la parole donnée.

 

Apprendre et pratiquer les véritables « oui » et « non ». La mise en pratique du consentement s’est beaucoup développée ces dernières années, et c’est une avancée importante pour conscientiser les interactions. Pouvoir et savoir dire « non » a longtemps été interdit et impossible pour de nombreuses strates de populations, notamment les femmes, les enfants, mais aussi les subordonnés dans le domaine du travail, les populations face aux agents de police et aux représentants hiérarchiques de toutes sortes. C’est pourtant une base fondamentale pour pouvoir se positionner en tant qu’être humain. Souvent il est difficile de dire non par crainte des conséquences : des reproches, des représailles, de l’exclusion, de devoir faire face à la déception et au mécontentement du demandeur. Parfois ce n’est même pas envisagé, tant les conditionnements de gentillesse et de politesse ont été intégrés comme obligations d’acquiescer à toute demande. Et puis oser dire « non », c’est prendre le risque qu’on nous dise « non » en retour… C’est prendre le risque de déplaire, peut-être de ne plus être aimé ? Cela demande aussi de faire preuve de force, face à quelqu’un qui va peut-être insister, argumenter, menacer, essayer de forcer.

 

Pouvoir et savoir dire « non » doit être appris à toutes et tous, pleinement autorisé et validé pour soutenir l’évolution de la Présence, Conscience, Puissance, et pour favoriser l’apprentissage de choix éclairés plutôt que l’obéissance aveugle.

 

Le respect nous apprend à écouter, à exprimer, à nous ouvrir tout en préservant notre espace. Il est un préalable indispensable à toute alliance saine.

 

Le respect ne doit pas seulement être demandé à l’autre mais doit d’abord être vécu dedans et incarné. Quand j’incarne le respect, je respecte et je suis respectée ; les limites que je pose sont claires et je capte clairement les limites posées par autrui. Je ne me laisse pas forcer contre mon accord et je ne force pas, que ce soit physiquement ou psychologiquement.

 

Le respect est une acceptation profonde de l’altérité, et des limites inhérentes au fait d’être incarné.

 

C'est aussi le partage du territoire, de l'espace-temps, du terrain de jeux, du paysage, en reconnaissant la légitimité à chaque expression de vie.

 

L’ÉQUANIMITÉ

 

Avec cette deuxième clé d’émancipation des programmes de prédation / exploitation, nous parvenons à sortir de la réponse réflexe, conditionnée.

 

L’équanimité, qui signifie « égalité d’âme », est une capacité de neutralité émotionnelle. Non pas à ne point ressentir, mais à savoir se tenir au cœur de la tempête comme dans l’œil du cyclone, dans la perception de tout ce qui bouge mais sans être dévasté par cela.

 

Avec l’équanimité, point d’autruche la tête dans le sable : nous sommes dans l’ambiance, dans le réel du contexte, mais nous avons la capacité de ne pas nous laisser perturber.

 

Deux exemples pour illustrer l’équanimité.

 

Tout d’abord une stimulation qui vient de l’extérieur. Une provocation, une demande, une séduction, qu’importe sa nature… Quelqu’un qui est seulement réceptif ou réactif ou suiviste va répondre à la stimulation telle qu’elle lui a été posée et ainsi faire le jeu de la personne (ou de la situation) qui a impulsé la stimulation. Dans la chaîne de causes et conséquences, celui qui répond est alors juste un maillon de la chaîne des conséquences. Avec l’équanimité, j’aime l’image du roseau qui plie mais ne rompt pas. On reçoit la stimulation, elle nous impacte, mais avant de répondre on revient au centre, à « l’espace causal » en soi. On n’est plus l’objet de l’extérieur, la conséquence d’une cause externe. On ne se sent pas forcé de répondre à la stimulation comme elle le suggérait : on a la possibilité de différer la réponse, de répondre ou pas, de répondre positivement ou négativement, et aussi de proposer une réponse alternative. En posant le centre causal, l’équanimité installe la puissance et ouvre à la réponse créative : on devient source et force d’invention, de propositions alternatives. Et si l’on dit « oui » à la stimulation, c’est après validation véritable, pas par réponse réflexe conditionnée, automatique.

 

L’équanimité réduit la « perturbabilité », le dérangement. Elle est une tenue interne, un centre fort et habité.

 

Le deuxième exemple a trait à l’ambiance. Quelqu’un de sensible va être facilement affecté par les situations, et se retrouver affecté par l’ambiance qu’il traverse. Épuisé après avoir écouté trop longtemps un autre se plaindre auprès de son oreille empathique ; en PLS après avoir fait ses courses au supermarché ; déprimé après s’être forcé à aller assister à une soirée mondaine… Avec l’équanimité, la tenue centrale fait qu’on ne descend plus avec une ambiance, voire qu’on l’élève par notre simple Présence.

 

Il y a une distance juste qui se crée, qui n’est pas une frontière étanche, mais qui est la décision de ne pas servir d’éponge ou de paillasson ou de punching-ball. Pour résumer, de ne pas être un objet au service des desiderata d’autrui.

 

L’équanimité aide à relativiser les situations, sans devenir insensible. Elle remet l’église au centre du village et permet de réguler les interactions sans se faire attraper par toutes les sollicitations.

 

Elle soutient particulièrement les personnes qui se sentent souvent victimes : des autres, du monde, du système… Le sentiment d’être victime reflète une carence de centre (sans parler ici des bénéfices secondaires du statut de victime, que j’ai déjà longuement évoqué dans d’autres textes). Tenir un centre neutre permet à la personnalité réactive de se poser, de se donner l’espace et le temps et de ne pas se sentir forcé de répondre comme la tentation réactive urgente tendrait à le faire croire, parfois bien au-delà des demandes réelles externes…

 

LA JOIE SANS OBJET

 

La joie sans objet est un état d’appréciation et de ferveur qui est en amont du contexte extérieur. Elle n’est pas la conséquence d’une cause externe, elle est une satisfaction intrinsèque, une plénitude de vie. Elle nous extirpe des sentiments de manque. Elle n’est pas une réjouissance matérielle ou sensorielle ; elle n’est pas déclenchée par l’obtention de quoi que ce soit. Elle ne dépend que de notre positionnement intérieur.

 

Elle est une expression émotionnelle de notre connexion interne à CE QUI NOUS ANIME essentiellement, le lien à notre noyau sacré.

 

Elle révèle que nous sommes en Présence, à notre place.

 

Elle est JOIE DE VIVRE, ressenti du Feu vital.

 

Quand nous vivons la joie sans objet, nous sommes animés, vitalisés (bien dans notre Soleil si nous prenons l’analogie astrologique). Il est alors inconcevable d’avoir besoin de ponctionner l’énergie de quelqu’un d’autre car nous sentons l’énergie vitale circuler de manière fluide en nous, à travers nous.

 

Depuis cet état, nous comprenons et reconnaissons que nous sommes la vie, une étincelle de vie, animée par l’intérieur, par le flux vital.

 

La joie sans objet nous libère des expériences de manque, de dépendance, de sentiment d’incomplétude, d’insatisfaction chronique. Elle nous permet d’être bien en nous-même, avant tout, et ne demande pas à l’extérieur de combler des vides.

 

 

L’ŒUVRE COMMUNE

 

Cette clé rassemble deux mots transcendant l’exploitation.

 

« L’œuvre » remplace le travail. Œuvre d’art, ouvrage artisanal, œuvre alchimique. L’idée du Beau, du précieux, de l’opératif, de l’authentique dans ce à quoi se consacre l’être humain.

 

L’adjectif « commune » nous extirpe du seul intérêt personnel / particulier.

Commun = comme l’Un. Nous nous reconnaissons à l’image de l’Ensemble formant un Tout indissociable.

 

Commune : la Commune de Paris, expérience de tentative révolutionnaire visant à faire cesser l’exploitation de l’homme par l’homme.

 

Commun : qui concerne tout le monde, et pas seulement une élite. L’œuvre doit devenir commune, ordinaire, habituelle, et ne plus être cantonnée à des milieux privilégiés.

 

Cette clé ouvre à la considération des différents niveaux d’intérêt à prendre en compte lorsqu’on coopère : les intérêts particuliers et l’intérêt général, et l’objectif supérieur de l’œuvre.

 

Cette clé révèle l’importance de la QUALITÉ, ouvre la notion d’activité humaine en terme qualitatif, récusant les emplois nuisibles, dégradants, aliénants, abrutissants. La technique doit servir à libérer les êtres humains des travaux automatiques afin qu’ils soient disponibles pour œuvrer.

 

L’œuvre commune ouvre à la possibilité de nous associer pour un objectif supérieur, validé comme tel par l’ensemble des parties. Elle nous sort des dynamiques de compétition et de concurrence et invite aux alliances qui génèrent la spirale vertueuse de l’enrichissement mutuel.

 

 

LA SOUVERAINETÉ

La dernière clé de cette quintessence, de cette synergie opérative pour nous émanciper de l’exploitation / prédation, est la souveraineté.

 

La souveraineté consiste ici en la reconnaissance et la proclamation d’un centre décisionnaire interne.

 

Régissant tout d’abord les différentes parts internes, permettant de considérer, d’harmoniser, de concilier, d’accorder nos conflits psychiques, nos contradictions, nos différentes motivations en un ensemble pouvant s’aligner sur une décision centrale faisant autorité.

 

À ce niveau la souveraineté n’est pas encore pleinement vécue, mais elle est pressentie par la personnalité, et devient un objectif qui va canaliser la compréhension et la résolution des expériences.

 

Peu à peu les différentes parts reconnaissent et acceptent le règne de ce centre souverain. Plus l’autorité est vécue dedans, plus le centre s’affirme comme instance fiable, plus l’être est libre vis-à-vis de l’extérieur, et devient capable de ne pas obéir aveuglément aux injonctions de systèmes externes.

 

Les prémices de la souveraineté sont les prémices de la possibilité de vivre une expérience créatrice et pas simplement reproductrice. La Puissance se révèle, non pas comme « pouvoir sur et contre autrui », mais comme « pouvoir de créer du nouveau ».

 

 

 

 

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